Merci Jean Ferrat !
Pour le festival "Chansons de Parole", plus qu'un ami, c'était un modèle, une ligne de conduite... et notre parrain, toujours présent à chaque ouverture, complice, souriant, partageant joie et simplicité avec le public et les artistes. Toute l'équipe tient à lui rendre le plus bel hommage ! Chapeau bas ! Merci Jean Ferrat !
C’est à partir du Festival "Chansons de Parole" de Barjac, que je parraine depuis la fondation, que je me suis vraiment rendu compte de la richesse et de l’extrême diversité qui caractérise la chanson française actuelle et en même temps de la scandaleuse mise à l’écart par les médias de ses meilleurs représentants. Au cours de ces années, j’ai eu ainsi la chance de faire la découverte d’artistes qui m’ont enthousiasmé et je suis sûr de ne pas être le seul.
C’est ainsi que le Festival de Barjac est un des pôles de résistance face au rouleau compresseur des industries culturelles alliées à celles de la communication qui fait peser une grave menace sur cette diversité culturelle à laquelle nous tenons tant.
Que le Festival continue donc, longtemps encore, à nous offrir ces instants uniques de grâce musicale et la magie de ses découvertes multiples. Jean Ferrat (juin 05)
Pour les uns, c’était un frère, un grand frère, pour les autres, un père, un grand-père même… Cela ne venait pas de nous mais de lui. De cet homme qui a toujours considéré l’humanité comme une grande famille. Qui n’a jamais pu l’envisager autrement que sous l’angle de la fraternité.
Chantre de l’amour et de la nature, portraitiste d’une humanité simple, colorée, populaire. Satirique parfois, sceptique ou utopiste, pamphlétaire ou enchanteur, tant de mots viennent à l’esprit à propos de Jean Ferrat. Poète surtout, alchimiste des mots et des notes, il a su aussi mettre en musique de merveilleux auteurs. D’Henri Gougaud à Pierre Louki, de Guy Thomas à Allain Leprest et bien d’autres et puis et surtout Aragon, bien sûr. Mais là c’est autre chose. A se demander parfois qui est qui, tant l’osmose est grande.
Jean Ferrat était bon et généreux comme le pain doré qui nous attend sur la table les matins de grand soleil. Jean Ferrat était fort et résistant comme le bois de cette table où fume le café fort, les matins sombres. Et sa voix résonne en nous. Cette voix incontournable, charmeuse et insoumise, porteuse d’autant de tendresse que de rébellion.
Nous avons eu le bonheur de nous promener dans un grand jardin merveilleux, non loin d’Antraigues, en Ardèche. Une sorte de paradis terrestre, rempli de fleurs, de saveurs et d’herbes sauvages, traversé par un torrent tumultueux. Le jardin de Jean et de Colette, sa compagne. Nous étions allés le voir pour préparer la fête à Jean Ferrat de « chansons de parole 2000 à Barjac ». A partir de ce moment, c’est ainsi que nous l'avons vu : un torrent dans un jardin délicieux.
Pour Chansons de Parole - Jofroi - directeur artistique - 13 mars 2010 photos A.M.Panigada / S.Fontayne



