CHANSONS de PAROLE 2008


Lors d’une de ses dernières tournées en France, Félix Leclerc avait enregistré un superbe disque en public intitulé « Merci la France ». Aujourd’hui, c’est « Merci Québec » qu’on a envie de dire, à l’heure où l’on fête là-bas, le 400ème anniversaire de la fondation de la ville de Québec par Champlain. Dans ce pays où la chanson fait partie de la vie, du quotidien. Plus qu’une culture, c’est une nourriture, une manière de vivre, de regarder la ciel... car là-bas, le vol des oies et des outardes n’est pas du même tonneau que celui des « oiseaux de passage » de Richepin et Brassens. Car là-bas, le peuple est neuf, voyageur à peine débarqué, prêt à repartir en voyage. J’ai toujours été étonné, à chaque périple au Québec, de voir le nombre de disques qu’il y avait dans chaque maison. Et ça jouait... Et ça chantait... Des gigues endiablées rythmées par les talons et les « ruines-babines » (harmonicas) aux chants profonds des Vigneault et des Leclerc...

Voilà pourquoi, cette année, la petite phrase en filigrane qui nous accompagnera tout le long du festival sera « Quand les hommes vivront d’amour ». Voilà pourquoi nous commencerons par une grande soirée collective pleine d’invités, où l’on n’entendra que des chansons du Québec et pourquoi l’on retrouvera ici et là, Moran, Christiane Raby, Hélène Maurice ou Paule-Andrée Cassidy.

Voilà pourquoi ce sont les mots de cette petite phrase qui vibreront tout au long de ces 6 jours, dans les chants généreux de Gérard Pierron, les énergies joyeuses de Fred Radix et de Mon Côté Punk, les accents gitans de Nilda Fernandez, les rythmes brésiliens de Monica Passos ou les évidences flamboyantes de la grande dame, vous savez, Anne Sylvestre, qui viendra fêter avec nous son « jubilé »... cinquante ans de chanson...

Des découvertes et des retrouvailles, il y en aura à faire et à refaire, du lion d’or aux capucins, des projections de la salle Regain aux apéros sur l’esplanade, l’ambiance sera une fois de plus dans la convivialité, l’échange et la rencontre... Quand les hommes vivront d’amour...

Malgré que l’on sache tous que dans « notre beau pays de France » aujourd’hui, toutes ces belles paroles sont plus fragiles que jamais, balayées par Mickey et Cie, à l’heure où la culture et les métiers du spectacle ne sont plus jaugés qu ‘en termes de produits et de rentabilité. Attention, la poésie n’est pas rentable et en plus, elle est dangereuse... C’est pour cela qu’il nous faut rester debout, joyeux mais attentifs.

Jofroi