C’est à partir du Festival de Barjac, que je parraine depuis la fondation, que je me suis vraiment rendu compte de la richesse et de l’extrême diversité qui caractérise la chanson francaise actuelle et en même temps de la scandaleuse mise à l’écart par les médias de ses meilleurs représentants.
Au cours de ces années, j’ai eu ainsi la chance de faire la découverte d’artistes qui m’ont enthousiasmé et je suis sûr de ne pas être le seul.
C’est ainsi que «Chansons de Parole» est un des pôles de résistance face au rouleau compresseur des industries culturelles alliées à celles de la communication qui fait peser une grave menace sur cette diversité culturelle à laquelle nous tenons tant.
Que le Festival continue donc, longtemps encore, à nous offrir ces instants uniques de grâce musicale et la magie de ses découvertes multiples.
Jean Ferrat - juin 05

Ça serait quitter l’autoroute, et puis ensuite prendre la route qui tourne, tourne, et tourne encore, et qui monte, qui descend et qui remonte…
Ça serait arriver sur la petite place au soleil, et se chercher pourtant un coin d’ombre pour y abandonner la voiture…
Ca serait ne plus pouvoir s’empêcher de sourire, à l’idée de retrouver d’autres sourires, et cette chaude sensation de revenir un peu chez soi…
Ça serait gravir la rampe qui mène au château, en guettant des sons, des voix, des notes de musique…
Ça serait redécouvrir à chaque fois cette cour, si pleine d’échos, de battements de cœur, de souvenirs…
Ça serait, tantôt artiste, et tantôt spectatrice, côtoyer un public généreux, familier, aimant qu’on le fasse vibrer en y mettant le prix, mais jamais au rabais…
Ça serait, comme par hasard, retrouver tel journaliste ami, encore lui? encore elle ? Il n’y a pas de barrière entre nous. N’aimons-nous pas les mêmes gens…
Ça serait voir s’envoler ses partitions, juste au moment de chanter: Maman le vent me fait la cour…
Ça serait un gros orage l’après-midi, la peur de ne pouvoir chanter, et puis faire sécher les projecteurs, éponger les sièges, et le soir, miracle…
Ça serait autre miracle encore, reprendre la route qui tourne, tourne et retourne, et voir ses freins lâcher seulement en arrivant à Avignon…
Ça serait jusqu’à quatre heures du matin, dans la cour de l’école, avec la guitare de l’un ou de l’autre, s’égosiller Brassens, Gainsbourg, Boby,
Aux marches du palais, que sais-je…
Ça serait penser que tout ça est irremplaçable, nécessaire, ne pas s’imaginer que ça puisse un jour s’arrêter…
Ça serait trouver, retrouver ou découvrir des frères, des sœurs, des cousins, des petites cousines, des proches, se rappeler qu’on a une famille…
Ça serait se laisser doucement persuader qu’on n’a pas fait ce chemin-là toute seule, qu’on n’a pas fait ce chemin-là pour rien…
Ça serait … Barjac !
Anne Sylvestre - juin 05

Mon cher Jofroi, J'ai consulté mon livre de bord et j'ai constaté le nombre de fois où tu m'as invité à ton Festival et qu'à cause de la coïncidence des dates avec mes séjours annuels à Natashquan je n'ai pu m'y rendre ne fut-ce qu'une fois. Comme j'ai appris par ailleurs que certaines de mes chansons s'y sont parfois rendues... Sache bien que cela fait partie des raisons qui me font en faire encore... Et crois-moi, je dis à chacune : Tâches de te retrouver un jour à Cabiac, dans la voix d'un artiste et dis à Jofroi qu'il y retrouve mon admiration et mon amitié. Avec des saluts à toute ton équipe,
Gilles Vigneault - 15 juin 2015

Barjac un nom qui sonne si doux à mes oreilles et qui me fait sourire,
Barjac: un des derniers bastions de résistance de la chanson de langue française et mon ami Jofroi qui souffle sur les braises avec Anne Marie l’infatigable qui fait des miracles et toute cette équipe qui est chaque jour au front et ce lieu magique et ce public incroyable qui réagit au quart de tour sous les tours du somptueux château sous un soleil qui est toujours de la fête, pour nous les gens de la pluie, ça compte cette ensoleillade.
Barjac: inoubliable lieu et... public inoubliable où par bonheur je reviendrai l’année prochaine pour fêter mes 70 ans de voyage et de rencontres à bord du vaisseau spatial «Terre». En attendant roulez jeunesse, les jours passés furent beaux ceux qui viennent le seront plus encore.
Julos Beaucarne - juillet 2007

Je veux que mon âme s’étende
Sur cette lavande
En rase-mottes sur ces Cévennes
A en perdre haleine
Merci à en plus finir
Richard Desjardins

RESISTANCE
Le festival de Barjac «Chansons de Parole» est un lieu de résistance. Résistance au matraquage, au business, au pognon. J’adore y venir chanter, bien sûr – et voir en chair et en os tous ces artistes qui sont un peu nos enfants. Ceux qui veulent être libres de leur choix, de leur vie. Comme les spectateurs qu’on y retrouve, fidèles et enthousiastes. C’est encore un miracle que ce festival existe. Tous les autres se repassent les mêmes artistes. Les marginaux que nous étions sont devenus des clandestins. Mais ici, il y a du soleil.
Voilà. C’est un hymne à la liberté que je voudrais chanter. Je remercie tous ceux qui nous le rendent, chaque année.
Francesca Solleville - juin 05

 

 

PAROLES D'ARTISTES